
La philosophie de PECARD ARCHITECTE

Architecture vernaculaire adaptée aux sites naturels de St. Barth
En 45 ans d'architecture à St. Barth, l'agence PECARD ARCHITECTE a affiné et personnalisé son style fortement inspiré de l'architecture vernaculaire de l'île.
La multiplication des petits volumes implantés dans les sites en fonction des éléments naturels (vent, soleil, relief, végétation etc…) permettent une parfaite intégration dans le paysage et autorisent une évolutivité des constructions en fonction des besoins et des moyens des usagers. Notions très modernes, plus que jamais d'actualité quand il s'agit de répondre à une demande croissante sans risquer de détruire les sites naturels.


Traditions locales et modernité en architecture
Etablir un pont entre tradition et modernité
L'enracinement de l'architecture dans les traditions locales issues de l'expérience et du bon sens de nombreuses générations d'une population confrontée aux éléments naturels, parfois violents, loin d'être passéiste, est au contraire très moderne, dans le bon sens du terme. Nous faisons partie de ceux qui pensent que la modernité en architecture, ne consiste pas suivre les tendances nouvelles, les modes du moment, car elles sont passagères et issues d'un contexte souvent inadapté.
Au contraire, nous considérons que les racines historiques, le savoir-faire traditionnel, sont une base solide pour concevoir une architecture authentique répondant parfaitement aux contraintes locales. L'architecture deviendra contemporaine par son adaptation aux exigences de notre époque, relatives notamment à l'évolution des modes de vie et des techniques.

L'histoire des « cases à vent »
La « case à vent » à l'origine d'une architecture contemporaine qui fait école
Dès son arrivée en 1978, François PECARD, tombe sous le charme des petites cases en pierre de la côte au vent, les fameuses « cases à vent ». Il décide, à titre expérimental, de construire lui-même son bureau de 15 m² sur ce modèle. Les épais murs de pierre seront remplacés par des parois en agglos, évidées, afin d'y loger ses dossiers et sa planche à dessin. L'implantation est choisie à l'ombre d'un arbre afin de protéger le petit abri du soleil couchant. Un léger replat du terrain permettra, moyennant un muret de pierres sèches, de ne pas avoir recours aux engins mécaniques. C'est dans ce petit espace typique que se succéderont ses premiers clients. Ce sera l'origine de nombreux projets, les premiers sur les terrains « au vent » de la Pointe Milou, puis dans différents quartiers ventés de l'île.
Dessinée en 1982, cette villa fut notre première réalisation d'un « village » de « cases à vent ». Peu à peu, cette architecture évoluera jusqu'à devenir un style devenu emblématique de St. Barth, maintenant reproduit dans la Caraïbe.


Les mesures anticycloniques et sismiques en architecture à St. Barth
Construire antisismique et para-cyclonique
Nous n'avons pas attendu le cyclone IRMA pour appliquer des mesures anticycloniques. En effet, dès l'été 1979 nous avons dû affronter deux cyclones majeurs en 2 semaines. À l'époque tout était plus simple, car les St. Barth avaient l'habitude de ce type de phénomènes naturels et construisaient en conséquence. Petits volumes, petites ouvertures fermées par de solides volets en bois, charpentes inspirées de la construction navale, solidement ancrées, tout était pensé pour résister aux cyclones. De même, faute de réseau publique d'eau, chaque maison possédait sa citerne et le précieux liquide était bien protégé des eaux salées des cyclones par un système simple de déconnection des gouttières.
Nombreuses d'entre elles possédaient un bac d'eau en charge alimenté par une pompe à main, permettant une distribution de l'eau sanitaire par simple gravité, le tout fonctionnant sans électricité. Si l'on ajoute que le bac en charge était situé le plus souvent au-dessus de la salle d'eau, cet ingénieux système avait le double avantage de chauffer l'eau sanitaire et de transformer la salle d'eau en zone de confinement en cas de cyclone. L'évolution des besoins en matière d'espace, de lumière etc…, ajoutée à l'apport de matériaux et de techniques nouvelles ont permis une évolution de l'architecture à St. Barth sans précédent, permettant le meilleur et le pire. Bien que le cyclone IRMA ait été exceptionnellement puissant, force est de constater que les dispositifs para-cycloniques souvent insuffisants, voire ignorés, n'avaient pas évolué en conséquence. Sans faire de triomphalisme, nous avons pu constater que les dispositifs que nous préconisons habituellement ont généralement bien résisté. Quelques améliorations devraient renforcer cette protection indispensable.
Située dans une zone à très forte sismicité, l'île aura à affronter des séismes majeurs dans l'avenir, comme cela est arrivé dans le passé. Plus dangereux, car pouvant intervenir à tout moment, sans prévenir, il convient d'appliquer rigoureusement les règles antisismiques européennes, mises à jour régulièrement. Appliquées dès la conception générale par les architectes, les structures sont ensuite calculées par les bureaux d'études techniques. De même le risque géologique est très important sur l'île, compte tenu des sols liquéfiables, ou favorables aux glissements de terrain, ou exposés à la chute de blocs rocheux. Dans tous les cas l'étude géotechnique est un préalable indispensable à la conception de tout projet de construction. Là encore, l'architecture contemporaine présente une nettement plus grande vulnérabilité aux risques sismiques et géologiques, que celle des constructions traditionnelles légères, en petits volumes et à simple rez-de-chaussée.

La transition énergétique : une nécessité pour l'avenir de St. Barth
Économie d'énergie et énergies renouvelables
En 60 ans, l'évolution fulgurante des besoins en matière de développement ont vu l'île passer de l'autonomie en énergie à la surconsommation. Au point que la production et les réseaux de desserte en eau et en électricité sont devenus insuffisants. Cette situation est devenue intenable, car de nature à compromettre un avenir harmonieux de l'île, et d'augmenter sa dépendance énergétique. (Voir l'étude sur la Transition Énergétique du CESCE.)
En conséquence, nous apportons un soin particulier à l'économie d'énergie, en favorisant l'utilisation des ventilations naturelles, des vérandas sur les façades exposées au couchant, l'utilisation de matériaux isolants, de climatiseurs « inverter », pompes à chaleur, ampoules à LED etc… Nous utilisons systématiquement des chauffe-eaux solaires et, de plus en plus, installons des panneaux à cellules photovoltaïques pour un apport complémentaire en énergie électrique.
St. Barth : un terrain de test idéal pour une architecture résistante aux conditions climatiques extrêmes
Conditions de dégradation extrêmes
Avec une température diurne aux alentours de 28/30°, un taux d'humidité souvent au-dessus de 90% et une exposition quasi permanente aux UV et embruns salés, St. Barth se trouve exactement dans les conditions reproduites en laboratoire lors des tests de vieillissement accéléré. Plus que nulle part ailleurs, ces conditions climatologiques extrêmes imposent une architecture adaptée tant en ce qui concerne la conception générale que le choix des techniques de construction et des matériaux.